11.07.2006
Le dit du day : l'hybris
Dans Libé, ce matin à propos de la Panenka de Zidane à la 7e minute du match, Cédric Mathiot écrit « Ce pénalty aurait pu rester comme le fait du match : le jeu malgré l’enjeu, le contrôle absolu du geste technique, l’ubris enfin, le sentiment de puissance de celui à qui rien ne peut arriver. »
Ubris.
Hubris, également.
Hybris, soyons snob.
Sentiment de toute puissance, dirait-on une fois refermé son Freud’s book of style. Orgueil si excessif qu’il n’entraîne plus de banales bouffissures mais un œdème généralisé de l’égo.
En grec c’est la démesure. Ou plutôt le hors-mesure. Ce qui dépasse, dérange le rang, déforme l’ordre. Si hors-mesure qu’il met en danger le cours du monde et préfigure la tragédie. Œdipe, Tantale, Prométhée c’est « jamais sans mon hybris » l’hybris se porte beau, l’hybris fait les héros. Tragiques, puisque l’hybris est livré obligatoirement avec la nemesis, la destruction.
Par extension, le grec en a fait un équivalent d’orgueil, d'excès.
Mais aussi de fougue, d’impétuosité.
Et pour finir, d’injures, d’insultes ou de mauvais traitement.
Pour résumer "hybris" pourrait être finalement considéré à la fois comme synonyme de :
-« Yaaaahhh, Youkiii, c’est un péno extraordinaire ! »
-« fils de pute terroriste »
-« Et paf’ le coup de boule ».
Tout un match dans un seul mot. C’est plutôt rare, non ?
19:29 Publié dans Le Dit du Day | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note










